Les écureuils canadiens, ces curieux petits êtres !
Il existe de nombreuses espèces d’écureuils au Canada. Pour l’instant, j’ai pu en rencontrer 3 🙂
Le premier, l’ÉCUREUIL GRIS (Sciurus carolinensis), se rencontre aisément dans les parcs urbains et leurs alentours, comme j’ai pu le constater dès mes premiers jours à Montréal ! Leur prolifération cause néanmoins de nombreux dégâts : fuite de certains oiseaux, éventrement des poubelles dans les rues, grignotage des câbles dans les moteurs de voitures, dégustation des matériaux isolants dans les maisons … etc. Bref, tout un tas d’agissements qui salissent la réputation de ce petit animal devenu peu farouche !
A gauche : Écureuils gris du Jardin botanique de Montréal. Les teintes du pelage peuvent varier entre le brun et le gris claire selon l’individu.
A droite : Un gourmand et courageux tentant de subtiliser mon petit-déjeuner au Square Dézéry (Montréal)
Personnellement, je les aime quand même, ce qui n’est pas le cas de tous les citadins qui les considèrent souvent, et de plus en plus, comme de la vermine. Cependant, une loi en vigueur au Québec (Loi provinciale sur la conservation et la mise en valeur de la faune) interdit de tenter de s’en débarrasser : « Une personne ne peut tuer ou capturer un animal qui endommage ses biens s’il lui est possible de simplement l’empêcher de nuire en le privant de son terrier et de ses sources de nourriture ».
Petites éco-réflexions : Dans les parcs, j’ai pu observer de nombreuses personnes nourrir des écureuils … parce que « c’est trop mignon » (eh oui, c’est vrai, j’avoue !!), mais cette simple intervention humaine répétée depuis des années, est en partie responsable de la prolifération de l’espèce. Il en est de même pour les restes de notre nourriture, laissés dans des poubelles facilement accessibles, qui sont un vrai buffet à volonté et sans efforts pour ces petits gourmands que sont les écureuils.
Dans la Nature, les créatures doivent fournir des efforts pour se nourrir, et celles qui n’y parviennent pas vivent moins longtemps. C’est bien ce qu’on appelle la « sélection naturelle » ! C’est dur mais c’est comme ça que la Nature trouve son équilibre. Ce processus n’existe plus pour ces espèces, qui grâce à un accès facile à de la nourriture en tout temps, deviennent plus forts, et ont plus d’énergie et de temps pour se reproduire !
Morale de l’histoire : Même si c’est parfois méga mignon, arrêtons de nourrir les animaux sauvages ! 😉
Puis, on a les TAMIAS, qui représentent une famille d’écureuils possédant des bandes noires sur le dos, avec plusieurs espèces très semblables et difficiles à différencier. Il existe 5 espèces de Tamias au Canada et celui sur cette photo semble être un Tamia rayé (Tamia striatus), avec les bandes blanches sur chacun de ses flans, qui sont propres à son espèce.

Petit Tamia qui pose pour moi dans le Parc National du Mont-Tremblant
Les Tamias sont également connus sous le nom de « Petits suisses », car leur pelage rappelle la tenue à rayures des gardes suisses du Vatican !
Ils sont moins nombreux que les écureuils gris en zones urbaines, personnellement je n’en ai vu qu’en forêt pour l’instant. Ils sont plus farouches et plus difficiles à observer, notamment car la couleur de leur pelage se fond parfaitement dans le décor forestier, spécialement en automne.
C’est vrai qu’il ressemble drôlement à un écureuil =>

J’ai également pu observer des ÉCUREUILS ROUX AMÉRICAINS (Tamiasciurus hudsonicus), qui est différent de celui que l’on peut trouver (de moins en moins …) en Europe. Celui-ci se trouve uniquement aux États-Unis et au Canada. Je n’en ai pas vu en zones urbaines non plus, seulement dans des espaces boisés plus sauvages. Il se nourrit principalement de graines de pommes de pin ! Son cri est puissant et très particulier, si bien que j’étais persuadée d’entendre un oiseau avant de trouver enfin l’auteur, perché sur sa branche. Audio à écouter :
Cris de deux écureuils roux, que j’ai captés dans la forêt du Parc Régional des Grandes-Coulées. Malgré les -24°C ce jour-là !

Écureuil roux d’Amérique, en pleine préparation de son « dreys » (nid) pour l’hiver. Les écureuils utilisent des nids toute l’année, mais il s’appliquent à les renforcer avant l’hiver. Brindilles, feuilles, mousses, plumes d’oiseaux …tout est bon à prendre pour isoler au maximum leur dreys contre le froid.

Écureuil roux d’Amérique, me faisant l’honneur d’un coucou rapide – Près du Lac Labelle
Et en hiver, ils
deviennent quoi, les écureuils ?
Contrairement à ce qu’on pourrait penser, en hiver, l’écureuil n’hiberne pas ! En fait, il hiverne, ou autrement dit il entre en « repos hivernal ». A vrai dire, seulement quelques animaux hibernent, c’est le cas de l’ours par exemple. Ce qui différencie l’hivernation de l’hibernation est l’état de vigilance de l’animal concerné. En hibernant, il entre dans un état de léthargie avancée, et tout son métabolisme subit un ralentissement très important (Réduction notamment du rythme cardiaque et du flux sanguin, jusqu’à 98% de diminution chez certains animaux ! Ils peuvent ainsi passer de 350 battements de cœur par minute à seulement 3 battements !!). C’est le cas par exemple de la Tortue des bois (Glyptemys insculpta), endémique du Nord-Ouest de l’Amérique du Nord, qui va hiberner dans l’eau pendant tout l’hiver : par le biais de son épiderme, elle capte une faible quantité d’oxygène présente dans l’eau, et maintient des battements de cœurs extrêmement lents. En fait, les seules zones qui restent actives dans le cerveau d’un animal qui hiberne sont celles qui commandent les actions vitales.
En revanche, un animal qui hiverne va entrer dans un sommeil beaucoup moins profond et son cerveau restera très actif. Il peut ainsi tout a fait se réveiller au cours de l’hiver, et ceci à plusieurs reprises. C’est le cas des écureuils ! Lorsqu’il fait vraiment froid, ils peuvent rester plusieurs jours d’affilés dans leur dreys. Le reste du temps, ils sortent à certains moments de la journée et se nourrissent de leurs provisions cachées pendant l’été et l’automne, sous terre, sous la neige, ou dans le creux des arbres. Ces réserves se constituent de graines, glands, insectes, escargots, champignons, noix, baies, fruits secs … On sait qu’il arrive aux écureuils de faire semblant de cacher de la nourriture, lorsqu’ils se sentent observés par un potentiel voleur ! Ils trompent l’ennemi !
Parfois non retrouvés par leurs propriétaires, les graines et glands de ces petits trésors cachés germent pour devenir des plantes ou des arbres. Grâce à ses petits oublis, l’écureuil participe au développement des espaces boisés !
la Nature est bien faite ! 🙂
Mes amis écureuils roux de la forêt du Parc Régional des Grandes-Coulées (Québec) :







